la corricella a procida
La descente vers le petit port de la Corricella de Procida

procida Marina Grande

marina grande a procida
La Marina Grande et ses ruelles à Procida

procida terra murata
Terra Murata est le plus ancien hameau
de Procida. Il a été fondé au VIIe siècle. Il est
situé sur le point le plus élevé de l'île.


Comme la marina Grande Grande, la Corricella
de Procida abrite de nombreuses barques de pêcheurs.


Certaines façades sont peintes de couleurs
différentes. Peut-être afin que les pêcheurs
puissent reconnaîtrent leur maison depuis le large.

procida oratoire a la corricella
Un oratoire et une Vierge sur le port
évoquent que la mer peut-être meutrière.
Lamartine décrit dans son roman le naufrage
de la barque du père de Graziella.


C'est à l'autre bout du port, accrochée aux falaises
que se trouvait la maison de Graziella.

amoureux a procida
Deux amoureux dans les ruelles de Terra Murata,
cliché d'un vieux film italien.


procida

Procida, la Corricella

Derrière ce nom mélodieux se cache la moins connue des îles de la baie de Naples. C'est ici que Lamartine situe son idylle avec Graziella, une jeune corailleuse de Procida. "Un jour, elle m'emmena dans sa chambre pour me faire admirer les petits ouvrages qu'elle avait tournés et polis. Elle voulut en façonner un morceau devant moi. La poussière rose couvrait ses mains et volait quelquefois jusqu'à son visage, saupoudrait ses joues et ses lèvres d'un léger fard, qui faisait paraître ses yeux plus bleus et plus resplendissants. Puis elle s'essuya en riant et secoua ses cheveux noirs dont la poussière me couvrit à mon tour" écrit-il.

Lamartine et Graziella vécurent leur amour dans les criques, les rochers, dans les abris de pêcheurs de Procida pendant plusieurs mois jusqu'au départ de l'écrivain à l'automne. Aux premiers jours du mois de novembre Lamartine reçu un colis. "Il renfermait dans une enveloppe une dernière lettre de Graziella qui ne contenait que ces mots : "Le docteur dit que je mourrai avant trois jours. Je veux te dire adieu avant de perdre mes forces. [...] je te laisse mes cheveux, coupés une nuit pour toi. Consacre-les à Dieu dans une chapelle de ton pays pour que quelque chose de moi soit auprès de toi."

Procida, comme dans le roman de Lamartine, a deux visages : paisible avec ses vallons verdoyants, fertile avec ses vignes et ses vergers d'agrumes, paradisiaque avec ses petites plages protégées des vents dominants ; mais aussi tragique quand se lève les tempêtes qui brisent les barques contre les récifs ou lorsque que le Vésuve la soumet à ses caprices.

Nous étions ce matin là plus de deux cents à embarquer sur l'aliscafo pour Ischia et une poignée à débarquer à Procida. Combien parmi eux avaient une pensée pour Graziella. Aucun sans doute, et surtout pas ce chien libre de Naples qui s'offrait, comme moi, une journée dans les îles. A Naples il a embarqué comme simple passager sous l'oeil indifférent des matelots et, le soir, il repartira sur le même bateau pour le continent.

En arrivant de Naples, c'est le silence qui étonne d'abord. Aucun bruit, pas de cris, pas de klaxons, juste le frémissement de la brise dans la mâture des bateaux et le clapotis des vagues. Puis, il y a l'air d'une douceur exquise ; moins acide qu'à Naples et plus reposant que sur les autres rivages. Laissant les pêcheurs à leurs filets, j'arpente les quais bordés de maisons aux façades roses et jaunes avant de m'enfoncer dans les “ petites rues solitaires enfermées entre des murs antiques, au-delà desquels s'étendent des vergers et des vignes qui semblent des jardins impériaux.” (E. Morante l'Ile d'Arturo) pour découvrir un palais au portail entrouvert découvrant un escalier au fond d'une courette aux murs passés au lait de chaud. "La Grèce" me suis-je dit.

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Terra Murata à Procida

Mon impression se renforcera quand, depuis le bourg de Terra Murata, le point le plus ancien et le plus élevé de l'île, j'aperçus le petit port de la Corricella. Pour y accéder, il faut prendre un Vespa taxi ou un minibus tout chemin. Le chauffeur roule à tombeau ouvert ; ça trinquaille, ça brinqueballe ; ça vibre et ça freine quand le passage devient trop étroit ou qu'un véhicule bouche le passage. Il a fallu attendre plusieurs longues minutes pour dégager un scooter dans une ruelle. Un fois l'engin hissé sur le perron, nous sommes passés à quelques centimètres près.

A la Coricella on cultive la mémoire, non pas de Graziella, mais del Postino, le film avec Ph. Noiret racontant l'amitié d'un facteur et de Pablo Neruda en exil. Les accessoires du film sont exposés à la terrasse des cafés. Ici, le vélo, là, la besace.

procida corricella

Il est vrai qu'ici le temps s'est arrêté. A part quelques chats jouant avec les filets de pêche rien ne bouge. Tout est lumière.

Une lumière blanche dans un air pur qui exalte les couleurs. Les blancs sont plus blancs, les roses plus roses, les jaunes plus jaunes. La moindre tâche colorée est comme sublimée : le bordage d'un bateau, la teinte violine d'une bougainvillée.

Aucune maison ne dépasse l'autre, elles forment une ligne parallèle à la mer ; parfois une travée de couleur différente coupe l'unité ambiante. Les bleus et les ocres se repoussent pour faire ressortir les volumes. Peut-être afin que les pêcheurs reconnaissent plus facilement leur maison depuis le large. Les rez-de-chaussée sont transformés en restaurant. En fin de saison le personnel est plus disponible. Les habitants de Procida aiment leur île et se montrent accueillants envers ceux qui l'apprécient aussi. Ici pas de grands hôtels ni de complexe hôtelier. La patronne d'un café me désigne l'emplacement où, jadis, se trouvait la maison de Graziella, là bas de l'autre côté du port aggripée à la falaise.


Le petit port de la Corricella

Devant ma pâtisserie et mon café je regarde doucement défiler le temps. Ici on savoure chaque instant, l'air doux qui remplit mes poumons, cette étincelle de lumière sur une vague, cet éclat de peinture blanche sur une façade d'or. Même les chats ne bougent pas lorsque les pigeons viennent les observer de près.

Sur le chemin du retour deux amoureux s'embrassent sur leur scooter sous le linge étendu. Je les aperçois à contre-jour, comme dans une vision, un souvenir.

"Pauvre Graziella ! [...] je ne sais pas où dors ta dépouille mortelle, même si quelqu'un te pleure encore dans ton pays ; mais ton véritable sépulcre est dans mon âme.[...] Il y a toujours au fond de mon coeur une larme qui filtre goutte à goutte et qui tombe en secret sur ta mémoire pour la rafraîchir et pour l'embaumer en moi". (Lamartine)

 


Terra Murata

procida corricella---procida terra murata

Palais a Procida
Palais de procida dans une ruelle du port
principal; "La grèce” me suis-je dit en le voyant.

La corricella a procida ruelles
Ruelle reliant Terra Murata à la Coricella

marina grande procida
Pêcheurs près de leurs filets à la Marina Grande de
Procida.

marina grande a procida
A la Marina Grande, la majorité des façades sont roses.

taxi procida
Ape Vespa taxi, seul transport en commun avec des
minibus tous chemins.


Des bombes volcaniques sur les plages rappelent que
Procida, en dépit de ses paysages idylliques, est
soumise aux colères du Vésuve de l'autre coté de la baie
de Naples.

procida maison de pêcheurs

procida maison de pêcheur
A la Corricella, le soleil exalte les couleurs des
maisons de pêcheurs. Les éclats de peintures
font ressortir les ocres.

Repères :

-1700 à -1500
Établissement mycénien consacré au travail des
métaux sur l'îlot de Vivara.
-330
Annexion à l'Empire Romain.
-200 à +400
Traces de la présence des romains et découverte
d'une charrue et d'une houe.
500 à 600
Fréquentes invasions des barbares.
Construction dans la partie plus élevée de l'île du faubourg de Terra Murata
600 à 700
Appartenance de l'île au territoire de Napoli,.
800 à 900
Invasion des sarrasins
Les habitants de Misène se réfugient à Procida.
1139 à 1195
Transformation en fief sous la domination des Normands.
1195 à 1266
Inclusion de Monte di Procida au fief de Procida.
1442 à 1503
Plus grande autonomie pour l'île sous le règne des Aragon.
1503 à 1734
En 1529, l'île fut confiée de la part de
l'empereur Carlo V de Habsbourg au marquis Alfonso d'Avalos.
A partir de 1600, construction de zones habitables
fortifiées pour se défendre des invasions des sarrasins.
Après la défaite des sarrasins, édification d'habitations
sur les grottes de Marina Grande et initiation des habitants
au commerce maritime.
1744 à 1860
Confiscation de Procida à la famille d'Avalos et inclusion aux possessions des Bourbons.
Transformation de l'île en réserve de chasse.
 1826 - 1970
Annexion administrative de Monte de Procida à la commune de Procida.
1830 - 1930
Émigration massive des habitants de Procida vers
l'Algérie et l'Amérique ou encore l'Argentine
extrait de : http://www.scotto-di-vettimo.com/procida-histoire.htm


Renseignements pratiques :

Procida :
GPS: 40°46'16.00"N - 14 °02' 00" E
10 638 habitants
www.infoischiaprocida.it

http://fr.wikipedia.org/wiki/Procida

Lamartine (Alphonse de), Graziella,
Paris, Folio classique n°1085, 1ere ed. 1811).

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